Happy Entretiens : Claire CLERC, décoratrice d'intérieur
Il y a 3 jours
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Bienvenue dans les Happy Entretiens, votre nouveau rendez-vous à la rencontre de professionnels de la déco (décoratrices.eurs, architectes, artisan.e.s...) et de leurs secrets inspirants.
Dans ces entretiens, elles & ils répondront à 7 questions et nous partageront ce qui les motive, ce qui les émeut, ce qui les enthousiasme... pour notre plus grand plaisir !
Je suis ravie de tendre la plume à Claire CLERC, décoratrice & styliste d'intérieur à la tête du studio Maison Claire Clerc pour cette 1ère édition.
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Alors Claire, parlez-nous de...
Ce projet que vous adoreriez faire ?
J’adorerais imaginer un hôtel de A à Z.
Un lieu avec une identité très forte, presque un monde à lui tout seul, où l’on aurait la sensation d’entrer dans une histoire dès que l’on pousse la porte.
J’adorerais imaginer un hôtel de A à Z.
Un lieu avec une identité très forte, presque un monde à lui tout seul, où l’on aurait la sensation d’entrer dans une histoire dès que l’on pousse la porte.
J’aimerais partir de la Méditerranée et de la mer, qui nourrissent énormément mon imaginaire, mais sans tomber dans une interprétation littérale. Travailler plutôt sur ses couleurs, ses reflets, sa lumière, ses contrastes, et pourquoi pas jouer avec l’illusion et la perception des espaces. Ce qui me passionnerait serait de construire un véritable fil conducteur pour l’ensemble de l’hôtel, puis de donner à chaque chambre sa propre personnalité. Une couleur inattendue, un motif, une œuvre, une pièce chinée, un luminaire ou une matière pourraient devenir le point de départ d’un univers particulier. J’aimerais aussi mélanger du mobilier dessiné pour le lieu avec des pièces chinées et des objets d’art. Je trouve très intéressant qu’un hôtel ne donne pas l’impression d’avoir été entièrement commandé sur catalogue, mais qu’il possède des objets que l’on regarde, que l’on retient et qui participent à son histoire. Le rêve serait d’accompagner un groupe qui ait envie d’aller assez loin dans cette démarche créative et de faire de l’hôtel une véritable expérience. Un endroit où l’on vient dormir, bien sûr, mais dont on repart aussi avec quelques images en tête.
L’œuvre qui vous a inspirée dernièrement
Dernièrement, j’ai été profondément touchée par Dormir comme le soleil, l’installation d’Adrien Vescovi à la Vieille Charité à Marseille.
L’œuvre qui vous a inspirée dernièrement
Dernièrement, j’ai été profondément touchée par Dormir comme le soleil, l’installation d’Adrien Vescovi à la Vieille Charité à Marseille.
Rien que son nom me touche déjà. J’aime beaucoup la Vieille Charité pour son architecture, ses coursives, cette pierre et cette lumière si particulières. Et voir ce lieu que je connais, transformé par le textile et la couleur, a complètement changé la perception de l’espace. Les tissus viennent habiter l’architecture sans la masquer. Ils apportent du mouvement, de la couleur, de la douceur aussi, c’est tellement poétique ! Et surtout, l’œuvre n’est jamais figée : selon l’heure, la météo, la lumière ou le vent, les tissus bougent, les ombres se déplacent, les couleurs évoluent. J’y suis déjà allée plusieurs fois et j’espère y retourner encore : je sais que je ne la verrai jamais tout à fait de la même manière.
C’est sans doute ce qui me touche le plus : l’architecture est toujours là, mais l’intervention lui donne une autre âme, une autre émotion. Et finalement, c’est assez proche de ce que j’aime chercher dans mon métier. Je ne veux pas seulement décorer un espace : j’aime partir de ce qui est déjà là — une architecture, une lumière, une histoire — et trouver ce qui va le révéler, le faire vibrer autrement, lui donner davantage d’âme. Peut-être que décorer, pour moi, c’est un peu cela : changer la perception d’un lieu sans lui faire perdre son histoire.
La pièce chinée que vous préférez ?
J’aurais du mal à n’en choisir qu’une… parce-que deux objets racontent assez bien ma façon de chiner et de vivre avec les choses.
J’aurais du mal à n’en choisir qu’une… parce-que deux objets racontent assez bien ma façon de chiner et de vivre avec les choses.
Il y a d’abord le fauteuil Diamond de Harry Bertoia qui appartenait à mon grand-père. C’est une icône du design, bien sûr, mais ce qui m’attache à lui est surtout ailleurs : mon grand-père était un esthète qui a beaucoup marqué mon regard. Ce fauteuil porte donc à la fois une histoire du design et une histoire familiale.
Et puis, presque à l’opposé, il y a ce petit tableau brodé chiné représentant un enfant. Aucune signature prestigieuse : j’ai simplement été happée par ses couleurs — les bruns, les verts, ce bleu profond — et surtout par le regard de cet enfant, incroyablement présent.
Finalement, ces deux pièces résument assez bien ce que j’aime dans un intérieur : faire cohabiter une icône du design et un objet dont on ignore presque tout, mais qui nous touche. Je crois beaucoup plus à ces rencontres-là qu’à la valeur ou au pedigree d’un objet.
Et puis, presque à l’opposé, il y a ce petit tableau brodé chiné représentant un enfant. Aucune signature prestigieuse : j’ai simplement été happée par ses couleurs — les bruns, les verts, ce bleu profond — et surtout par le regard de cet enfant, incroyablement présent.
Finalement, ces deux pièces résument assez bien ce que j’aime dans un intérieur : faire cohabiter une icône du design et un objet dont on ignore presque tout, mais qui nous touche. Je crois beaucoup plus à ces rencontres-là qu’à la valeur ou au pedigree d’un objet.

L’architecte ou décoratrice(eur) star qui vous surprend toujours - dans le bon sens du terme :-) ?
Dorothée Meilichzon. J’aime énormément sa liberté et son audace.
Elle ose la couleur, les motifs, les mélanges d’époques, les matières très présentes, le mobilier dessiné sur mesure… Il peut se passer énormément de choses dans un même espace et pourtant, cela tient. Il y a toujours une histoire derrière le décor.
J’aime aussi sa façon de partir du lieu, de son architecture, de son histoire ou de son environnement, puis de s’en emparer avec beaucoup d’imaginaire.
Elle ne cherche pas à effacer l’existant pour imposer une esthétique : elle s’en sert comme point de départ pour inventer autre chose.
C’est particulièrement visible dans ses projets hôteliers.
Et puis elle n’a pas peur du décoratif et cela me plaît beaucoup. Un motif peut rencontrer une rayure, une couleur forte peut côtoyer une matière plus brute, une référence ancienne peut dialoguer avec quelque chose de très contemporain.
Elle maîtrise l’art du “beaucoup”… sans jamais tomber dans le “trop”. Et ça, c’est assez réjouissant !
Votre astuce déco imparable ?
Mon astuce : utiliser la couleur pour redessiner l’espace.
Je ne choisis jamais une couleur uniquement parce-qu’elle est belle.
Je me demande surtout ce qu’elle peut faire au volume et à notre perception : élargir, envelopper, délimiter une fonction, souligner une architecture ou au contraire faire disparaître un élément.
Un plafond coloré peut modifier la sensation de hauteur, un soubassement changer les proportions d’un mur, une niche peinte lui donner de la profondeur… La couleur est pour moi un véritable outil.
Et c’est assez magique : avec quelques litres de peinture, on peut parfois changer complètement la façon dont on perçoit une pièce.

Votre palette de couleurs préférée en déco ?
C’est une question presque impossible pour moi tellement j’aime la couleur et les possibilités infinies qu’elle offre !
Mais s’il fallait vraiment choisir une palette, je partirais sans doute sur un bleu ciel, un terracotta légèrement saumoné et un bleu marine. J’aime particulièrement le bleu ciel : il est doux, lumineux, presque poétique, et surtout il a cette capacité merveilleuse à faire vibrer les couleurs qui l’entourent.
En ce moment, je suis très attirée par un jaune beurre frais, doux et lumineux, mais aussi par un vert mousse très vibrant, plus dense, presque végétal et le grena qui vient réveiller l’ensemble.
Finalement, je crois que je n’ai pas vraiment de palette préférée : j’ai surtout des couleurs que j’aime faire se rencontrer. Et c’est souvent dans une association un peu inattendue que cela devient intéressant.
Retrouvez les palettes de couleurs travaillées par Claire ici.
Votre papier AyéléeFleurie coup de cœur ?
J’aime beaucoup Indigo, mais mon vrai coup de cœur est sans doute Fleur de Café.
Il me touche parce qu’il provoque chez moi une association assez inattendue : ses petites fleurs me rappellent les imprimés Liberty que ma grand-mère aimait tant, et donc quelque chose de très familier, presque affectif. Mais ici, ce vocabulaire floral rencontre l’identité africaine d’AyéléeFleurie, avec des couleurs beaucoup plus vibrantes et une énergie complètement différente.
Je trouve ce mélange merveilleux : il y a quelque chose qui me semble familier et, en même temps, totalement dépaysant.
C’est exactement le genre de motif que j’aime en décoration : il a une vraie personnalité, raconte quelque chose et peut presque devenir le point de départ de tout un intérieur.
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Merci Claire !
Retrouvez son travail sur Instagram et ClaireClerc.fr.
Crédits photos : Maison Claire Clerc, Frenchie Cristogratin, Ryan Layeshi, Disvague Studio, Julien Nguyen Kim
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